LA FÊTE NATIONALE DU FOOTBALL ___ Pour la 3e année, le Red Star Club s'est adjugé la Coupe de France en battant le Football Club de Cette par 4 buts contre 2 ___ CEPENDANT, LES CETTOIS ONT DOMINÉ PENDANT LA DEUXIÈME MI-TEMPS ___ CE QUE DISENT LES CAPITAINES LUCIEN GAMBLIN
Je suis heureux, très heureux de la victoire de mon club, mais j'ai eu bien peur, car je savais que l'équipe du Red Star avait fortement baissé de pied depuis un mois. Une saison comme celle que nous avons faite cette année arrive à épuiser à un tel point, que la forme capricieuse a vite fait de s'enfuir.
Le F.C. Cette possède un onze de tout premier ordre, jouant un football précis et scientifique, mais il a un trou, qui lui coûta cher aujourd'hui. La chaleur gêna fortement l'un et l'autre camp et le match fut très pénible. — L. Gamblin.
MARCEL DANGLES
Nous payons cher notre adaptation au terrain et à l'adversaire... Nous avons été médusés au dé- but. Il est vrai que nous avons dû suivre une route tellement ingrate pour parvenir à cette finale. Nos volontés ont été mises à une telle épreuve que vraiment nous avions droit à quelques minutes d'énervement, de lassitude aussi, alors que nous touchions au port... Les joueurs du Red Star ont mis à profit cette défaillance et ont réussi à nous marquer trois buts pour commencer... C'était un trop lourd handicap surtout avec la défense que nous avions à tromper!
Enfin, je crois que nous avons montré, malgré tout, que nous étions bien dignes de figurer sur le terrain dans cette journée magnifique qui voit le triomphe du football.
Je veux en terminant rendre hommage à nos vainqueurs qui, pour la troisième fois, gagnent la Coupe de France... en formant des vœux de la leur ravir la saison prochaine. — M. Dangles.
LA PARTIE Le Red Star met les bouchées doubles
Enfin, c'est le coup d'envoi. Les Cettois et les Parisiens ont été également applaudis à leur entrée sur le terrain.
Celte gagne le toss et le Red Star donne le pre- mier coup de pied. Ce sont pourtant les Cettois qui descendent. Chayriguès s'empare de la balle, il dégage, la balle va très loin et assez haut, au pas- sage Joyaut l'accompagne d'un coup de tête, Brou- zes fait de même et la voici sur le pied de Naudin qui se démarque et fonce vers le but, Encontre sort et plonge, mais il est battu. Il y a une minute de jeu ! Cela ne produit pourtant pas très grosse impres- sion sur le public. On parle de surprise et de veine et on pense que les Cettois vont remonter rapide- ment ce handicap. Les voici, d'ailleurs, repartis à l'attaque. Pas pour longtemps, car un shot de Brouzes, mal bloqué par Encontre, est repris par Naudin qui marque. 2 à 0 ! Cela devient sérieux. Ça l'est beaucoup plus qu'on ne pense et Huot a beaucoup de peine à arrêter Sentubéry à quelques mètres des poteaux, puis Nicolas shoote, Encontre, décidément bien effrayant, bloque, mais laisse en- core échapper et Cordon, qui a suivi en trombe, obtient un troisième but. Il y a 11 minutes de jeu ! « Les carottes sont cuites ! » Les Cettois sont « surrplacés », à chaque envolée des Parisiens ils semblent médusés. Ils doivent concéder un corner que Cordon botte dehors. Puis la face des choses se transforme. Le Red Star souffle un peu... Le F.C. Cette s'organise. Berndston lance Kramer qui passe à Cornélius... Chayriguès regarde la balle s'engouffrer dans ses filets. 3 à 1. L'enthousiasme de la foule est admirable. Il n'y a plus que des supporters des Cettois. Les plus acharnés redstariens applaudissent le courage de ces joueurs qui essaient de remonter une côte ter- riblement dure... Il leur en faudra encore du courage, car bientôt Joyant, d'un shot puissant à 40 mètres, battit Encontre, très excusable en la circonstance. Le Red Star continue à dominer. Son jeu vite laisse les Cettois sans défense. Un corner leur est accordé. L'intérêt languit à nouveau. Les Parisiens sont trop supérieurs... Les vaillants représentants de la Province ne tardent pas à nous prouver combien ce raisonnement est faux et Kramer, qui reçoit la balle de Dangles, place le plus beau shot du match. Chayriguès est battu. Jusqu'au repos Cette va dominer. Enfin M. Jandin siffla pour les citrons. Tout l'attrait de la rencontre était revenu. Les pronostics allaient leur train. L'opinion gé- nérale était que le train excessivement rapide de cette première mi-temps sensationnelle allait en- traîner l'effondrement de l'équipe la moins en forme. Le Red Star nettement surentraîné devrait être celle-là. Mais ses joueurs veulent garder la Coupe et leur moral sans égal va leur permettre de résis- ter à la puissante, mais peu mordante, pression de leurs adversaires.
Tout le monde s'endort
Les « marine et blanc » repartent en vitesse et mettent la défense « cerclée » en danger. Ils se calment au bout de 10 minutes et les Méridionaux s'installent sur le territoire parisien. Ces derniers sont nettement dominés. Ils devront concéder corner sur corner. Les Cettois marquèrent deux buts qui leur furent refusés, le premier pour hors-jeu, le second parce que Cornélius avait, pour centrer, repris la balle en touche. Meyer étant tombé sur la balle la toucha de la main dans la surface de réparation, mais l'arbitre ne donna pas le penalty, estimant la faute involon- taire. La ee d'avants cettoise fit merveille, mais aussi la défense parisienne. Gamblin se dépensa sans compter, Chayriguès cueillit des balles très dures, Meyer eut de bonnes interceptions, Hugues eut des éclairs de grande forme. Rien ne fut marqué. ‘ + ‘
Quelques minutes avant la fin, le Red Star eut
un dernier sursaut et fut à deux doigts de marquer à nouveau,
La foule envahit le terrain pour s'arrêter bien sagement aux lignes de touche. La police .vint pré- server les abords de la tribune officielle.
M. Jandin siffla la fin. l
Les joueurs furent acclamés. £
M. Jooris remit la coupe à Gamblin en proron- çant les paroles de félicitations d'usage que M. Ri- met, quoique présent, ne pouvait prononcer, sa
| santé restant précaire.
Pour la troisième année consécutive, le Red Star est champion de Frencs.